Éloge de l'imperfection
L'arrivée récente de la collection des Fables Parfumées a marqué l'amorce d'un nouveau chapitre : nos onze Eaux de Parfum existantes ont été remises en flacon et « réécrites », dotées de nouvelles appellations et accompagnées de poèmes aux allures de fables explorant des thèmes tels que la confiance, la résilience et l'authenticité. À leurs côtés s'est révélée une douzième Eau de Parfum, Unforeseen Aer, qui — par une association audacieuse et inédite de notes fraîches et minérales — nous invite à embrasser la valeur de l'imperfection.
Unforeseen Aer Eau de Parfum est née d'une collaboration avec la parfumeuse Céline Barel, déjà l'illustre nez derrière les Eaux de Parfum Entirely Aurner et Tacit Truths. Céline a répondu à quelques questions sur ce projet partagé, dévoilant ainsi les coulisses de la formulation d'une fable.

Une conversation avec Céline Barel
Comment décririez-vous Unforeseen Aer Eau de Parfum?
Articulée autour d'une fable qui demande : « En quoi le changement peut-il nous enrichir? », la fragrance fait contraster un Accord Fabuliste d'Air Pur, aérien et d'une remarquable diffusion, avec un Ingrédient Radical de Muscade, généreux et texturé. Il en résulte un sillage radieux, soigné et raffiné, à la fois vaporeux et transparent, tout en demeurant profondément texturé, chaleureux et ancré sur la peau. C'est une exploration du sens niché au cœur de l'imperfection, et de la façon dont le changement peut nous enrichir dès lors que les imperfections perçues sont accueillies plutôt qu'évitées.
Quelle a été l'inspiration à l'origine d'Unforeseen Aer Eau de Parfum?
Pour répondre à cette question sur le plan olfactif, j'ai puisé mon inspiration dans un classique d'Aesop : le nettoyant pour le corps à la feuille de géranium. J'ai choisi d'élaborer une fragrance fougère où le géranium tient le rôle vedette, aux côtés du lavandin et du romarin. J'ai commencé par concevoir un Accord d'Air Pur, en recherchant un effet très diffusif, puissant et transparent — d'une projection presque insaisissable.

Comment avez-vous traduit ces inspirations poétiques — comme la question « en quoi le changement pourrait-il nous enrichir? » ou l'arôme imaginaire de l'Air Pur — sous forme olfactive?
L'air est invisible, insaisissable et en apparence dénué d'odeur; en tant que parfumeuse, il faut donc agir comme une illusionniste, en faisant appel à la synesthésie pour évoquer sa présence à l'esprit de qui le porte. J'ai délibérément écarté les notes traditionnelles marines, ozoniques ou de salicylates synthétiques, pour me concentrer plutôt sur la texture, le souffle et une fraîcheur végétale vive, sculptée à partir de feuilles botaniques. Lorsqu'il a fallu interpréter le changement et le nombre d'or, j'ai réfléchi au fait que l'harmonie véritable, dans l'art comme dans la vie, ne relève pas d'une perfection rigide et figée — elle naît du mouvement, de la chaleur et de la beauté de l'imperfection. Nous avons d'abord façonné cet Accord Fabuliste d'Air Pur, immaculé et léger, avant de venir intentionnellement le bousculer par la chaleur ardente et tactile de la muscade. Cette friction duale entre transparence pure et texture chaleureuse incarne précisément la façon dont la rupture insuffle vie et énergie.

Quelles étaient les émotions ou impressions premières que vous souhaitiez insuffler à cette fragrance?
Avant tout, je souhaitais évoquer une fraîcheur profonde et éclatante — non pas une fraîcheur hespéridée piquante ou aquatique, mais une fraîcheur végétale authentique qui exprime la pureté du grand air et élève l'esprit.
Je voulais que la personne qui la porte ressente un rafraîchissement immédiat, une sensation de pureté et d'attrait, enveloppée d'un halo raffiné et charismatique. C'est une aura qui emplit l'espace et laisse une empreinte indélébile — une création profondément élégante, poétique et régénérante pour l'esprit.

« Le souvenir est le parfum de l'âme. »
George Sand



